20.04.11

Si le display (re)devenait utile ?

Depuis la démocratisation et la généralisation de l’accès à internet, les différents propriétaires d’espace web ont cherché à monétiser leur audience et valoriser leur contenu en proposant des espaces publicitaires sur leur site.
Ces surfaces, d’abord limitées à quelques pixels sur une page web, elles sont devenues de plus en plus animées, incitatives, voire dans certains cas franchement agaçantes et intrusives.
Avides de profits et obsédés par la monétisation à marche forcée de leurs sites, ces propriétaires d’espaces, se sont éloignés de leur audience, à l’ère du tri et de la curation.
En réaction, leur lectorat s’est vite replié sur la lecture directe de flux RSS et l’ajout de plugins sur les navigateurs (capables d’éliminer nombre d’espaces publicitaires ou l’usage d’autres services bloquant les contextes publicitaires considérés comme génants).

Ces propriétaires d’espaces se sont posés la question du revenu avant de se poser la question du sens de l’offre et de la qualification d’un public vis à vis d’un contenu (ou d’un certain contexte).

Une démarche amorcée par Facebook, Google, et dans une moindre mesure Apple, vis à vis de leurs usagers qui va rapidement trouver ses limites.
Les producteurs de contenu ont pour la plupart vite relégué ces tâches aux AdServers et aux régies publicitaires, spécialistes de ces mécaniques complexes, aussi bien du point de vue du ciblage de l’audience, que de sa couverture.
Ces propriétaires d’espace, aussi bien que les annonceurs ont été trop peu à prendre au sérieux le tournant de la curation web et à remettre en cause leurs choix médias, sortant trop rarement de la trilogie 3 slides de flash et Gifs de Back up (d’ailleurs souvent très ennuyeux).
Ils ont cherché des marges de manœuvre supplémentaires en s’attaquant aux contenus même des sites et des blogs, via des partenariats et aux billets sponsorisés, avec pour résultat le fait de fragiliser encore un peu plus la confiance que leur accordait leur lectorat.

Un bel exemple de pavé à l’ancienne : Couleur flashy et Call to action

Un bel exemple de pavé à l’ancienne : Couleurs flashy et Call to action

A l’heure de la saturation d’informations présentes en ligne, les communicants doivent apprendre à remettre l’internaute au centre de leur démarche.
Et si, une opération de display online pouvait rendre service, distraire et informer comme un véritable mini site? Et si, une publicité en ligne pouvait directement appeler quelques pages web aussi bien utiles pour son lecteur que n’importe quel site ?
Ce sont  les questions que se sont posés quelques start ups de la Silicon Valley afin de continuer à injecter de la valeur dans un secteur de la communication en ligne considéré trop souvent comme étant inintéressant, mature et déjà saturé. Les perspectives d’avenir en sont en réalité tout autre. En réalisant de véritables dossiers d’information et des catalogues à consulter, ces acteurs sont parvenus à enrichir de manière considérable en contenu un espace très limité.

Le dislpay new age : ciblage précis, contenu varié et services additionels


Plusieurs avantages existent à l’utilisation de ces systèmes enrichis:

  • La possibilité de proposer un contenu plus riche, plus facilement axé sur l’information et le service.
  • La possibilité de réaliser des dispositifs de manière souple et agile, plus rapides et moins contraignants à produire que des mini sites et des landing pages évènementielles (y compris sur mobile).
  • La possibilité de valoriser des sous pages de sites, peu visitées, mais à la qualification haute, procurant un ciblage encore plus affiné.
  • La possibilité d’expliquer en détails des problématiques B to B très pointues, rarement présentes en display.
  • La possibilité de recourir à un tracking précis permettant de réajuster le ciblage de chaque publicité.
  • La possibilité d’initier un parcours de CRM plus ciblé, donc plus qualifié que la moyenne.
  • La possibilité d’aller plus loin que l’offre d’essai, un cap difficile à franchir en e-crm.

La disruption peut résider aussi dans ces espaces de 250 x 250 pixels, considérés pendant trop longtemps comme les surfaces pauvres du web. Des surfaces d’exposition jugées satisfaisantes dès que le taux de clic passe péniblement la barre des 0,05 %.
Aux annonceurs et aux agences qui les accompagnent de voir à présent ce petit espace comme le premier pas vers une évolution du display aussi utile que nécessaire pour émerger de manière plus intelligente et moins intrusive en ligne.

Nicolas Moreau

10.02.11

Métro, boulot…Pub!

Récemment notre expert digital en chef chez Weber Shandwick Paris, Juliette pour les intimes, a partagé avec l’équipe un nouveau dispositif de publicité, le « tunnel marketing ». Un principe dont on se demande comment on n’y a pas pensé plus tôt, compte tenu du temps du nombre croissant de citysumers qui prennent le métro : des affiches publicitaires sont installées tout au long des tunnels et s’animent, à la façon d’un film, grâce à la vitesse de la rame.

Comme le souligne Juliette, le dispositif est ingénieux, ludique, créatif,  innovant.

D’accord sur le principe. Mais pour moi – et j’imagine, pour d’autres aussi – le temps passé dans le métro, c’est un temps d’arrêt entre deux moments d’activité. Et regarder de la publicité, même sous forme de film, m’impose une forme d’activité dont je n’ai pas forcément envie. Ou en tout cas, que je voudrais pouvoir choisir de regarder ou non.

Pour moi donc ce dispositif va à l’encontre de la tendance au développement d’une publicité moins intrusive, plus ciblée (difficile, compte tenu de la diversité des personnes qui prennent le métro), qui veut que chaque consommateur soit exposé à la publicité qui l’intéresse, au bon endroit, au bon moment.

De fait ces derniers temps on a vu apparaître le projet NoAD New York (description ici aussi), dans la même ligne qu’une proposition récente faite par certains élus du Conseil de Paris (la source vaut ce qu’elle vaut, mais l’info est là…) et d’actions prises à droite et à gauche plus ou moins récemment.

Du coup, le tunnel marketing, d’accord c’est créatif ; mais est-ce que c’est vraiment tendance ?

Hortense Blazsin

02.02.11

1 logo + 1 t-shirt = Torsologo

Torsologo ou comment faire la promotion de marques en viral sur internet. Il s’agit d’un concept tout droit venu des Etats-Unis. Deux Français, Thomas et Alba, ont décidé de le lancer en France avec Torsologo. Le principe ? Des marques achètent un ou plusieurs jours de visibilité sur le web, via un t-shirt brandé et porté par Alba et Thomas. Chaque jour coûte un euro de plus; et vous avez le choix entre Thomas, Alba ou les deux. Donc, le 1er janvier coûtait 1€, le 22 avril coûte 112€ (le t-shirt), et bien entendu le 31 décembre, il faudra payer 365€ pour que votre marque soit promue par Torsologo.

Déjà grands utilisateurs des réseaux sociaux, Thomas et Alba sont aussi deux jeunes gens très créatifs. Ils publient environ 2 vidéos par jour sur Youtube, plusieurs photos sur Flikr, des tweets (@torsologo, @Albalala, @schmittthomas), un livestream consacré à la marque, des publications Facebook, etc… etc…. Difficile de mesurer aujourd’hui l’audience de Torsologo, mais dans quelques semaines, si Alba et Thomas ne s’essoufflent pas, et que le buzz fonctionne, on peut l’imaginer grandissante.

Plusieurs entreprises ont déjà utilisé la promo via Torsologo (Yakaz, Mondial Assistance qui a pris 1 jour par semaine sur plusieurs semaines, et bien d’autres… mais aussi des personnes ! Patrick Barrabé par exemple).

Revue de presse : LCI, GameOne, Buzzmania, WebActus, ChoucrouteGarnie et bien d’autres en ont parlé.

J’ai été demander à Thomas et Alba ce qu’ils retiennent de l’expérience au bout d’un mois :

« Beaucoup de choses se sont passées en 1 mois ! Lorsqu’on doit produire du contenu frais chaque jour tout va très vite et il est impératif d’être bien organisé pour ne pas se laisser dépasser. Bien entendu, l’aventure ne fait que commencer et il reste des améliorations à apporter. Je pense notamment à la communication sur notre présence en direct, chaque soir, à 21h. Certains ignorent encore que nous sommes, Alba et moi, en live tous les soirs pour parler de nos sponsors. » a répondu Thomas.

Et oui, on parle de sponsors, pas de clients, un « atout com’ » !

Je dis bravo à Thomas et Alba pour leur créativité, et bonne chance pour la suite !

Marie Alleaume

16.12.10

Quand Oprah se transforme en VRP de luxe !

Oprah Winfrey, la papesse du PAF Américain, a ouvert la voix à une nouvelle ère du placement de produits !

Mais qu’a-t-elle donc pu faire ?

Retour en arrière : le lundi 22 novembre dernier, lors de l’épisode annuel intitulé « favorite things giveaway » de son émission, Oprah Winfrey a offert aux 275 personnes présentes dans son public le dernier modèle de la New Beetle de Volkswagen, pas encore disponible à la vente. Oui vous avez bien lu, elle a offert une voiture qui ne sera pas vendue avant 2012 et que personne n’a encore vue ! D’ailleurs, la voiture est apparue sur le plateau de son show, cachée derrière un écran et seule l’ombre chinoise, ainsi créée, a laissé transparaitre ses formes. Les médias spécialistes du marché automobile (et pas qu’eux !) sont fous depuis que l’image a été diffusée et chacun y va de son imagination pour tenter de deviner les formes de la voiture…

Loin de s’arrêter là, elle a aussi offert des Ipad, une croisière de luxe, 400 $ de vêtements, des bottes Ugg et des écrans de télévision Sony. Evidement, les marques étaient toutes citées et très visibles à l’écran et l’animatrice star les a, à plusieurs reprises, mentionnées avec l’engouement qui la caractérise.

Il est évident qu’offrir 275 voitures est beaucoup moins cher que d’investir dans une grosse campagne de publicité touchant l’audience du « The Oprah Winfrey Show » soit 8,5 millions de téléspectateurs lors de sa diffusion originale et environ 4,5 millions pour les rediffusions. Et en plus c’est Oprah qui joue la VRP ! Qui dit mieux ?

Petit rappel sur le personnage : Oprah Winfrey anime The Oprah Winfrey Show depuis 1985 (25 ans !). Elle y reçoit des stars qui n’hésitent pas à lui faire des confessions de taille. Son talk show est le plus vieux et le plus suivi de l’histoire de la télévision américaine, et a fait de l’animatrice une des femmes les plus puissantes d’Amérique (et du monde !). Le 20 novembre 2009, Oprah Winfrey annonçait l’arrêt de son émission en 2011, et le lancement de sa dernière saison. A 56 ans, et à la tête d’une fortune estimée à presque 3 milliards de dollars (!), elle mettra ainsi un terme à 25 ans d’antenne en début d’année prochaine… pour mieux revenir avec sa propre chaine de télévision! (oui, je sais, une fortune de 3 milliards ce n’est pas assez…)

Ce n’est pas son premier coup !

Même si l’impact de ce « cadeau » crée le buzz depuis quelques jours et a surtout permis à Volkswagen de créer un véritable engouement sur la sortie prochaine de la New Bettle, Oprah n’en est pas à son premier coup ! En effet, il y a 6 ans, en 2004, 276 personnes de son public étaient en effet reparties avec les clés d’une Pontiac G6 ! Joli coup de pub, malheureusement, cela n’a pas empêché la firme américaine de mettre la clé sous la porte quelques années plus tard, la crise automobile étant passée par là…

Et en France ?

Certes nous n’avons pas Oprah Winfrey mais nous avons Jean-Luc Delarue (oui je sais en ce moment ce n’est pas un bon exemple…), imaginez donc sa remplaçante, Sophie Davant, offrir à son public de « toute une histoire » diffusée tous les jours sur France 3, les clés de la dernière Renault en criant le nom de la voiture devant un public hystérique… oui, bon, j’ai peur que ce soit plus ridicule qu’efficace pour la marque… n’est pas Oprah qui veut !

Nicolas Badey

13.12.10

Internet, cet isoloir public.

Quelques géants du web, qu’ils se donnent pour mission de connecter les gens entre eux ou bien de trier le contenu du web, misent à présent sur l’incroyable volume de données publiées ou produites par leurs centaines de millions d’usagers.

Elles les collectent, les trient, les distillent et les raffinent afin d’examiner les tendances de comportements en vogue chez ces derniers.

On se souvient d’ailleurs d’un indicateur de propagation de la grippe mis en place par Google, ou encore de l’affichage d’un état de moral des américains généré via Twitter.

Des expériences similaires ont été menées durant les récentes Mid Term Elections, aux Etats Unis afin de tenter de vérifier si le nombre de fans Facebook d’une personnalité politique locale pouvait déjà donner des indices sur son score au scrutin.

Les résultats que Nick ONeill a publiés sur AllFacebook.com sont plutôt concluants. Son décompte de fans sur Facebook a montré que 81% des sénateurs élus avaient plus de fans que leurs concurrents respectifs et que 74% des membres du congrès élus menaient eux aussi la course en tête sur Facebook  avant le début du scrutin. Les cartes montrant les résultats croisés entre Facebook et la sortie des urnes se trouvent ici.

Si les résultats générés par Facebook se sont avérés être plutôt proches des suffrages sortis des urnes, les résultats générés par les recherches Google nont pu délivrer quune mesure ponctuelle dintérêt porté à ces candidats. En effet, les candidats gagnants n’ont pas tous généré une quantité de recherches plus importante que celle de leurs concurrents.

Comment décrypter ces données et quelle importance donner aux tendances identifiées ?

Premièrement, le mode de récolte des données qui n’est pas toujours transparent (un comptage manuel des « likes » sur Facebook et un algorithme efficace mais secret pour Google).

Deuxièmement, on peut pointer que les  usages  sur Internet sont très différents en fonction des types d’électorats.  Ces divergences brouillent les données récoltées, ne permettant pas à ces sites de bénéficier d’une base de comparaison statistique égale, mais seulement d’un échantillon ayant intégré certaines pratiques et certains usages en ligne.

Même si l’on a longtemps cru qu’Internet était un moyen d’embrasser d’un seul regard les multitudes, aucune donnée automatiquement générée, aussi bien compilée soit-elle, est à même de fournir une compréhension clef en main de problématiques si délicates et si complexes.

Ces unités de mesures nouvelles ne seront qu’un outil de plus. Certes, très intéressant, pratique et graphiquement impressionnant, mais qui ne devra en aucun cas se substituer à tous les autres.

Si Facebook prend la température du patient, Google en donne le pouls. Aux professionnels et aux citoyens d’examiner les autres symptômes existants afin d’en comprendre les causes et pouvoir émettre le meilleur diagnostic. Jusqu’à preuve du contraire, personne n’a jamais vu un stéthoscope jouer le rôle du médecin…N’en déplaise (pour l’instant du moins) à l’algorithme de Google.

Nicolas Moreau